Utilisez-vous par défaut la position haute ou basse sur l'Anthem, et quelles sont les caractéristiques exactes du parcours qui vous font changer de position ?
AH : J’utilise principalement la position basse. Lorsque j’ai reçu le premier prototype début 2025, nous avions passé du temps à évaluer les deux positions, haute et basse, et les deux offrent d’excellentes sensations sur les sentiers. La position basse correspond finalement mieux à ma position sur le vélo et à ma posture, et elle est plus pratique pour moi lorsque j’alterne entre les compétitions de vélo de route et de VTT au cours de la saison.
DL : Mon réglage par défaut est la position basse. Je passe en position haute pour les circuits plus lents et techniques où l’on a besoin d’une meilleure garde au sol pour éviter de toucher les pédales et d’une direction plus précise et réactive.
Parlez-nous d'une course où vous avez effectué un seul réglage qui a immédiatement porté ses fruits : que s'est-il passé sur le parcours ?
AH : Aux Championnats du monde de XCO 2025, j’ai décidé de courir avec les nouvelles roues Giant XCR. Nous avions testé plusieurs prototypes jusque-là et nous alternions encore entre les roues XCR et nos roues artisanales d’une course à l’autre ; c’était donc une décision importante. Après les essais des Mondiaux, j’étais convaincu que la XCR était la roue la plus rapide, et la jante Wide Guard m’a sauvé la mise à plusieurs reprises alors que j’étais en tête et que je m’enfonçais dans le sol.
DL : Lors de la première Coupe du monde 2026 à Mona PyonYong, les conditions météo ont radicalement changé la nuit précédant la course. Nous avions monté des Maxxis Beaver, des pneus étroits conçus pour la boue. Nous avons débuté la course avec une pression de pneus agressive : 1,25 bar à l’avant et 1,3 bar à l’arrière, ce qui est très bas compte tenu de la largeur du pneu. De plus, nous avons ralenti la détente de la suspension pour améliorer la stabilité du vélo dans les descentes mouillées. Nous avons également ajouté du ruban adhésif antidérapant sur les commandes pour éviter qu’elles ne glissent, des crampons à mes chaussures pour la course à pied et retiré le guide-chaîne pour une meilleure évacuation de la boue dans la transmission. Ces modifications se sont avérées payantes et j’ai pu remporter ma première Coupe du monde Elite XCO avec cette configuration.
Décrivez-nous l'évolution d'un entraînement du jeudi jusqu'à la course du dimanche : qu'est-ce qui change généralement et pourquoi ?
AH : Le jeudi, nous découvrons la piste pour la première fois et c’est une journée chargée. Je commence par un tour de reconnaissance avec mes coéquipiers et notre préparateur technique, qui a déjà effectué plusieurs tours pour nous guider et nous montrer les trajectoires possibles. Les jours d’essais suivants permettent naturellement d’aller plus vite grâce au trafic des autres pilotes, et mon mécanicien est toujours posté dans la zone de ravitaillement avec des outils et des roues équipées de différents pneus, afin d’optimiser mes réglages pour les hautes vitesses. La dernière étape consiste à effectuer mes tours rapides pour confirmer que tout est prêt pour la course.
DL : Mon mécanicien et moi effectuons les premiers réglages de la suspension et choisissons les pneus en fonction de nos expériences précédentes sur des circuits identiques ou similaires, puis nous affinons les réglages au jour le jour en fonction des conditions météorologiques et de l’état de la piste.
Comment déterminez-vous votre développement ? Quelles données ou analyses prenez-vous en compte : le parcours, les données de puissance, votre cadence préférée ou votre stratégie de course ? Ou bien, est-ce simplement une question de ressenti ?
AH : J’apprécie l’étagement plus serré de la cassette XTR 9-45T par rapport à l’option 10-51T, et je ne la change généralement pas. Je choisis la taille du plateau après avoir analysé le parcours et réfléchi au déroulement de la course. Si le parcours prévoit de nombreux goulots d’étranglement et des accélérations franches, j’opte pour un plateau plus petit par sécurité. Un plateau de 36 ou même 34 dents peut faire une grande différence en course, et avec un 9 dents, on dispose d’un développement suffisant pour un sprint final.
DL : Je me demande : « Quelle est la longueur et la pente des montées ? Aurai-je besoin d’un grand braquet pour un sprint ? Quelle est la durée des sections où je vais le plus pédaler ? Comment se déroulent les transitions entre les montées et les descentes ? » L’idéal est de passer le moins de temps possible à changer de braquet, je choisis donc la taille du plateau en conséquence pour trouver le bon équilibre.