Skip to main content

Quietly Fast : Avec Rémi Thirion

Dix-huit ans de carrière en Coupe du monde de VTT DH. Une vie entière dans les Vosges. Découvrez l'histoire de Rémi Thirion, pilote du Giant Factory Off-Road Team et les secrets son incroyable longévité au plus haut niveau de son sport !

Rémi Thirion est descendeur professionnel en Coupe du monde depuis près de vingt ans. Cette simple phrase devrait suffire à vous convaincre. Dans un sport aussi intense et exigeant – pour les vélos, les corps et les carrières – une telle longévité ne s'improvise pas.

Thirion entame sa 18ème saison sur le circuit. Il a remporté sa première Coupe du monde en 2013, décroché une médaille de bronze aux Championnats du monde 2020, est monté deux fois sur le podium en 2024 et a réalisé le meilleur temps des qualifications l'an dernier aux Gets. Il ne compte pas se reposer sur ses lauriers. Il est toujours dans la course !

Pour beaucoup dans les stands, Rémi est aussi connu sous le nom de « Mitch ». Il est Mitch depuis son enfance – un surnom gagné dans son club local de VTT, où une certaine coupe de cheveux a suscité des comparaisons avec Mitch Buchannon d'Alerte à Malibu.

Un de ses coéquipiers plus âgé portait déjà le nom de Rémi, et le surnom lui est resté. C'est le cas pour la plupart des choses avec Thirion. Passez du temps avec lui chez lui, dans le nord-est de la France, et vous comprendrez pourquoi sa carrière a duré si longtemps. Cette longévité ne tient pas seulement à sa forme physique ou à son talent. C'est aussi son tempérament : calme, réfléchi et engagé.

Rémi Thirion se repose entre les scènes.

REMI THIRION N'A JAMAIS QUITTÉ LE VÉLO

Thirion a grandi à Raves, une petite ville des Vosges, près de Saint-Dié. Son père était pilote de motocross, et naturellement, Rémi et son frère aîné voulaient suivre ses traces. Leur père avait d'autres projets.

« On voulait faire de la moto », raconte Thirion. « Mon père en faisait beaucoup, mais il n’était pas vraiment favorable à ce qu’on commence par ça. Il voulait qu’on apprenne d’abord sur des vélos. Et en fait, je n’ai jamais quitté le vélo. C’est devenu ma passion. »

Son frère a commencé la compétition le premier. Rémi a observé, attendu, puis a suivi son exemple. À 14 ans, il participait déjà aux épreuves de la Coupe de France et aux championnats nationaux. Les résultats ont été rapides, plus rapides qu'il ne l'avait imaginé, plus rapides qu'il ne l'avait prévu.

« Tout s'est fait naturellement, sans que je l'aie vraiment planifié », dit-il. « Au départ, je n'ai jamais voulu en faire mon métier. Je voulais juste atteindre le sommet et voir jusqu'où je pouvais aller. »

Il est allé loin. À peine âgé de vingt ans, Thirion s'était imposé comme l'un des plus grands talents français de la descente : rapide, élégant et réputé pour ses choix de trajectoires audacieux, que les autres riders ne pouvaient imaginer ou n'osaient même pas tenter. Sa consécration est arrivée lors de la Coupe du monde 2013 à Vallnord, en Andorre, où il a remporté sa première victoire élite. Il avait 23 ans. La carrière qu'il n'avait jamais osé imaginer était enfin là.

Remi on the podium early in his career.
Another podium Remi in his young racing career.

LE CHAT VISIONNAIRE

Benoît Vergnaud côtoie Thirion depuis près de vingt ans. Il le connaît aussi bien que n'importe qui sur le circuit. Et lorsqu'on lui demande de décrire ce qui distingue Mitch des dizaines de pilotes rapides qui ont fait leur apparition durant cette période, Vergnaud évoque un autre surnom.

« Le chat visionnaire », dit-il en souriant. « Si vous voulez employer des adjectifs flatteurs, le chat visionnaire. Il trouve toujours des répliques incroyables. C'est souvent lui qui lance des phrases qui semblent presque impossibles. »

C'est une description tout à fait juste. En descente, le choix de la trajectoire est primordial. Deux coureurs peuvent avoir une condition physique et un vélo identiques, mais celui qui trouve le chemin le plus rapide et le plus propre l'emporte. C'est un mélange d'instinct, d'expérience et de courage : la volonté de s'engager sur une trajectoire non éprouvée. Thirion a bâti sa carrière sur cette capacité. C'est ce qui explique pourquoi il reste un compétiteur de haut niveau dans une discipline de plus en plus dominée par des athlètes dix ans plus jeunes.

Benoît Vergnaud, le mécanicien et ami de longue date de Rémi.

Benoît Vergnaud, le mécanicien et ami de longue date de Rémi.

Thirion est réaliste sur le niveau de la concurrence avec la nouvelle génération. « C'est forcément plus difficile avec l'arrivée des nouveaux talents », dit-il. « Ils me poussent dans mes retranchements depuis un moment. Mais grâce à mon expérience, je parviens encore à me démarquer de temps en temps. »

Treize ans se sont écoulés depuis sa première victoire à Vallnord. Depuis, il a décroché neuf podiums, une médaille de bronze aux Championnats du monde et une régularité qui le maintient au sommet de son art année après année. Mais la deuxième victoire reste son objectif.

« Je vise clairement une deuxième victoire », dit-il, simplement. Sans drame. Sans désespoir. Juste la même conviction tranquille qui l'a mené jusqu'ici.

Remi Thirion on the Podium.
Giant Factory Off-Road Team athlete Remi Thirion racing in Les Gets.

SES RACINES LOCALES

Entre deux manches de Coupe du monde, Thirion revient dans les Vosges. Il l'a toujours fait. Il retrouve ses montagnes, ses sentiers forestiers denses, ses proches – tout ce qui a fait de lui le coureur qu'il est devenu.

« Les Vosges sont un terrain de jeu extraordinaire », dit-il. « Tant de sentiers, tant de pistes de descente pour s'entraîner. Mes amis sont ici, ma famille est d'ici, et celle de ma femme aussi. Même si j'ai voyagé aux quatre coins du monde pendant des années, je suis toujours heureux de rentrer chez moi. »

C’est chez lui que l’histoire prend tout son sens. Thirion vit avec sa femme Charlotte et leurs enfants. Charlotte Orzes Thirion connaît Rémi depuis 17 ans, presque aussi longtemps que sa carrière de pilote. Elle le décrit en des termes qui surprendraient quiconque n’a vu que sa visière et son visage de pilote.

« Rémi est un vrai papa-poule », dit Charlotte. « Il adore passer du temps avec ses enfants, faire des bêtises, rigoler. On fait souvent du vélo en famille, on va skier. »

Rémy avec sa famille au Bike park local

La paternité a transformé la façon dont Thirion aborde la course. Non pas plus lentement, mais plus intelligemment. Le casse-cou qui recherchait des trajectoires risquées à tout prix a laissé place à un pilote qui sait ce qui mérite d'être risqué et ce qui ne l'est pas.

« Je suppose qu'avec l'âge, on se calme un peu. On pilote plus intelligemment », explique Thirion. « Avant, j'étais un peu casse-cou, toujours à tenter des trajectoires risquées. Maintenant, avec les chutes, les blessures, l'âge et le fait d'être père, je pilote différemment – et en mieux. »

Cette évolution ne l'a pas ralenti. Au contraire, elle l'a stimulé. Vergnaud en a été témoin direct.

« Honnêtement, plus il vieillit, mieux ça marche », dit Vergnaud. « Il est constant. Il a mûri et aujourd'hui, il est là avec toute cette expérience, toute cette sensibilité. Oui, il a vraiment la classe. »

Suivez Rémi Thirion et le Giant Factory Off-Road Team tout au long de la saison de la Coupe du monde.