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Un BikingMan Euskadi Assassin !

mercredi 15 septembre 2021

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Le climat capricieux et les 69 cols répertoriés sur le parcours ont pimenté cette première édition du BikingMan Euskadi ! Julien Marty nous raconte.

C’est en ce début du mois de septembre que cette première édition du BikingMan Euskadi (Pays Basque) s’est tenue. On annonçait une épreuve exigeante. Ça a été plus que ça…

Julien Marty, qui a bouclé l'épreuve au guidon d'un vélo de route Giant TCR Advanced Pro Disc 1 nous livre son récit.

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Nous y sommes. Il est 5H du matin ce lundi 6 septembre.

C’est le départ d’Anglet pour ce BikingMan Euskadi !

L’envie d’aller au bout et de bien faire est en moi pour cette épreuve qui se déroule sur notre terrain de jeu. Le départ est lancé, nous sommes réunis dans la deuxième vague de dpart avec mes amis de Fast Club Café, mon Georgio, et Max Prieur. Les premiers kilomètres de nuit sont très agréables le long de L’Adour, que nous allons longer jusqu’à Guiche. Nous traversons les premiers villages basques (Orègue, Hasparren, Cambo-Les-Bains) pour arriver rapidement sur Itxassou et attaquer la première difficulté de la journée, le début du col d’Artzamendi par la partie la plus raide avec un mur a 23%.

Je connais cet endroit par cœur et pourtant avec le poids de mon vélo de route Giant TCR Advanced Pro Disc 1 en mode Bike Packing, j’ai l’impression de découvrir cette partie du col encore plus meurtrière. Devant moi certains sont déjà à côté du vélo. C’est difficile. Ça fait mal aux jambes mais je ne veux pas trahir ma devise : ne jamais poser pied à terre dans un col. J’arrive enfin au bout de cette mauvaise passe. Les paparazzis du BikingMan ne s’y trompent pas et sont là pour immortaliser les visages qui grimassent. 2 à 3kms plus loin je suis pris d’une douleur soudaine aux ischios !

J’ai les deux jambes complétement tétanisées, je suis bloqué sur le vélo ! Je dois m’arrêter et m’allonger dans le fossé sur le bord de la route, je n’ai pas le choix !

En 2 ans de vélo je n’ai jamais eu de crampes. C’est l’incompréhension totale pour moi ! Mais la raison me sera expliquée plus tard : l’effort a été violent et soudain avec un début de parcours sur la plaque car plutôt plat, et l’arrivée dans cette partie à fort pourcentage m’a obligé à mouliner tout en étant au maximum de ma puissance, debout sur les pédales.

J’arrive à repartir mais les ischios sont clairement marqués par la douleur. Mon moral en prend un coup je me demande comment ça va évoluer, surtout que je sens que je suis à la limite du retour des crampes durant toute la matinée.

J’attaque le Col d’Osquiche fin de matinée. La chaleur est maintenant bien présente. Il fait plus de 32 degrés. Je le sais, c’est mon point faible. Surtout après un été assez frais nous n’avons pas eu d’acclimatation, c’est violent. J’arrive en haut du col et je suis soudainement pris de tremblements, j’ai la tête qui tourne. Malgré mon hydratation régulière, je comprends rapidement que je fais un début d’insolation. Je m’arrête dans le premier village en bas de la descente. Je bois à nouveau, m’arrose abondamment la tête et le haut du corps, et je m’alimente. Je m’assoie quelques longues minutes à l’ombre. Je suis conscient que tout peut s’arrêter là sans que je ne puisse rien faire ! Le doute s’empare de moi quant à la suite de l’aventure. Au bout d’un moment j’arrive à me relever et je me sens mieux. Lentement je me remets en marche et reprend la route, mais le moral n’est pas au mieux. Après ces deux incidents, je me demande dans quelles conditions je vais pouvoir continuer… Nous sommes au début du parcours et la température qui s’affiche sur mon GPS fait peur : 35°C. C’est étouffant. Le cardio monte très vite, je dois me résoudre à adopter un pédalage plus lent.

40 kms plus tard, je me rends compte que je n’ai pas mon casque sur la tête. Seule ma casquette se trouve dessus (elle me serre autour du crane ce qui m’a en partie induit en erreur, pensant avoir le casque sur ma tête, la perte de lucidité due à l’insolation n’a pas arrangé la chose)

Hors de questions de faire demi-tour, je vais trouver une solution pour en trouver un autre rapidement car il est évident que je ne peux pas rouler sans casque, c’est trop risqué. (J’en trouve un quelques kilomètres plus tard puis je retrouve mon casque fétiche au CP1 qui m’a été rapporté par un motard de l’organisation, un grand merci à eux !)

Au bout d’un moment, mon ami Georgio me rejoint et nous faisons route ensemble. Il est clair que la chaleur est sur cette première journée notre premier adversaire. Nous luttons comme nous pouvons. Nous rigolons comme nous en avons l’habitude, mais l’ambiance reste quand même assez calme car les rayons du soleil nous accablent, c’est difficile. Nous partageons un super moment de détente dans une rivière où nous étendons les jambes dans le petit ruisseau. Quel bonheur !! L’envie de rester là est forte mais nous devons repartir. La fin de journée arrive ... Après quelques petits cols, les corps sont fatigués et nous décidons de nous arrêter dormir dans un très charmant gite trouvé sur la route après une rencontre avec des habitants qui nous ont chaleureusement accueilli avec des boissons fraîches.

Au gite, la maitresse des lieux nous a préparé une belle assiette de pâtes. Nous allons nous coucher dans la foulée. Nous pensions pouvoir dormir paisiblement quelques heures pour reprendre la route à 4h du matin. Les moustiques en ont décidé autrement… Les nerfs prenant le dessus, nous arrivons à en rire.

Mardi 7 à 2h30 du matin nous sommes de nouveau sur le vélo aves les visages ravagés par les moustiques.

Malgré le peu de sommeil, Georgio et moi arrivons à enchainer les premiers nombreux cols pyrénéens (Pour les plus connus Spendel, Aspin, Tourmalet, Soulor, Aubisque, Marie Blanque)

Après le passage du CP au Tourmalet, nous enchainons sur le col du Soulor, puis de l’Aubisque où la montagne nous récompense avec un magnifique coucher de Soleil ! La journée ne s’arrête pas là pour nous, nous décidons d’aller chercher le Marie-Blanque pour dormir à Sarran qui se trouve après la descente du Col. Après une montée magique sous un ciel étoilé, bercés par le son des cloches des vaches, nous arrivons enfin à Sarran. Bilan de la journée : plus de 20h de vélo non-stop ! C’est une grande première pour Georgio et moi. Nous sommes exténués, mais heureux de notre performance.

Georgio s’endort rapidement.  Pour ma part, comme d’habitude, je ne trouve pas le sommeil… j’arrive à me reposer tant bien que mal mais je ne ferme pas l’œil.

Mercredi 8 à 3h30 du matin je sors du lit, me prépare et décide de repartir car je m’énerve plus qu’autre chose à rester là. Je laisse mon Georgio dormir et reprend la route en solitaire.

Je suis sur le vélo depuis quelques heures, la fatigue se fait très rapidement ressentir dans le col de Labays. Ce col d’ordinaire magnifique se transforme cette nuit-là en véritable épreuve. Je lutte contre le sommeil, les jambes lourdes.

J’arrive enfin au bout. La redescente sur Arête me réveille. Je commence ensuite l’ascension vers La Pierre Saint-Martin enchainant une multitude de cols redoutables comme la Hourcère, Izarbe, Soudet, et enfin la Pierre Saint-Martin. Je bascule ensuite côté espagnol pour aller chercher le col de Larrau. Au sommet le changement de temps est radical : humidité et brouillard m’accompagnent dans la descente côté France.

Je finis la journée par le col de Bagargui que je connais bien, un col redoutable à très fort pourcentage (13%) qui culmine à 1327m. Le fait de savoir que le CP est en haut me motive à dompter le monstre. J’arrive enfin en haut, accueilli par l’équipe des « @Race Angels » toujours là pour nous encourager et prendre soin de nous aux différents CP. Cela fait beaucoup de bien au moral. Je décide de manger le repas préparé par @Méri (Race angels) et dormir 1h. Miracle, j’y arrive. Je me lève, puis me prépare tout en échangeant quelques mots avec @Sebastien Mongaburu qui se trouve prêt en même temps que moi. De là nous décidons de partir ensemble. Le brouillard est toujours là malgré quelques percées qui nous offrent un spectacle féérique. Nous avançons sur les hauteurs d’Iraty, la nuit commence à tomber. L’avancée est difficile tout au long de la nuit avec une succession de cols très courts mais toujours à fort pourcentage, fidèles au Pays basque. Nous enchainons des micro-siestes de 15min au milieu des étroites routes basques. Paradoxalement dormir sur du goudron sec plutôt que sur l’herbe humide nous apporte un confort insoupçonné, la fatigue aidant.

Jeudi 9 à 5h du matin nous arrivons sur Arneguy où nous nous autorisons une pause plus longue car nous savons que le final va être terrible. Je connais bien cette partie et nous allons y laisser beaucoup d’énergie.  Avant de nous endormir dans nos couvertures de survie, Sébastien garde un œil sur notre avancée et à ce moment-là nous occupons la 11ème et 12ème place.

« Dodo en poche » et après avoir trouvé un bistrot avec un bon café et des chocolatines incroyablement délicieuses nous repartons. Il est 8h… Nous avons laissé beaucoup de temps mais le choix est assumé. La partie redoutable attaque instantanément et cela pendant plus de 2H30 (enchaînement de « patates » méconnues du grand public dans les entrailles du Pays-Basque). Nous arrivons ensuite dans la vallée des Aldudes avec des cols peu connus mais tellement redoutables. Puis sur Banca et Saint Etienne de Baigorry, où j’ai parfois l’habitude de garer mon camion pour prendre le départ de nos sorties basques… Le moral en prend un petit coup quand je mesure la distance qu’il me reste à parcourir.

Nous continuons et arrivons sur Ainhoa puis Sare pour aller rejoindre le col de Saint Ignace qui d’habitude est une formalité. La fatigue s’accentuant, le col me semble être beaucoup plus dur que d’habitude (après plus de 900kms dans les pattes, tu m’etonnes…). Mon compagnon de route un peu moins fatigué prend le large. J’arrive sur la côte que je longe pendant plusieurs kilomètres, pour ensuite faire une boucle dans les terres. La fin du parcours me semble interminable, je m’arrête sur le bord de la route, un sentiment de panique m’envahit lorsque j’en arrive à penser que je n’ai pas le bon parcours sur mon GPS. La fatigue est telle que je ne raisonne plus correctement ; cela me semble absurde de m’enfoncer aussi loin dans les terres. Je me calme, fais un point sur le parcours sur mon GPS, et me rassure en me disant que je suis bien sur la bonne trace. Mais que c’est long « putain », il fait maintenant nuit noire. Ma lumière s’éteint quelques instants après. Ce n’est pas possible je ne vais pas y arriver, je n’en peux plus. Je m’arrête à nouveau pour mettre l’autre lampe qui ne marche plus non plus, j’ai du mal à y croire. J’enclenche ma frontale qui n’éclaire quasi plus. Je fouille dans ma sacoche de cadre pour changer les piles. Chose faite je repars. Au bout de quelques kilomètres, je reconnais le rond-point juste avant le camping Bela Basque à Anglet.

Je pénètre dans le camping et arrive sur le village d’arrivée du BikingMan avec cette fameuse cloche secouée par un membre de l’organisation qui retentit dans la nuit noire.

Il est 21h je suis arrivé, les applaudissements sont là, puis ma petite femme Aurore arrive quelques instants après. Je suis épuisé mais tellement content de la voir. Elle a même la petite larmichette à l’œil. Elle me dit qu’elle est fière de moi ! Quelle récompense elle me donne ! je vais également pouvoir à nouveau rendre ma fille fière de son papa et c’est en partie cela que je suis encore venu chercher sur ce BikingMan Euskadi !

J’échange avec différentes personnes à l’arrivée. Je fais la connaissance de Jean Guérin qui roule sur un vélo de route Giant TCR Advanced SL Disc. Il s’avère que c’est l’un des responsables du GIANT STORE RENNES-MONTGERMONT. En regardant les résultats un peu plus tard, je vois que qu’il a pris la 5ème place en solo. Respect Monsieur Jean !

Si vous êtes allés jusqu’au bout de ses lignes, je n’ai qu’une seule chose à vous dire ! Avec de l’entrainement, du courage et beaucoup de volonté vous pouvez vous lancer vos propres défis et rentrer à la maison avec l’agréable sentiment d’être venu chercher ce que vous vouliez !

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Recit : Julien Marty

#RideUnleashed

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