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Julien Marty finisher du BikingMan France

jeudi 12 août 2021

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Auteur d'un fantastique exploit où il a repoussé ses limites, Julien Marty revient pour nous sur son BikingMan France au cours duquel il a connu bien des péripéties.

Texte de Julien Marty :

Je m'attendais à un BikingMan France difficile mais les aléas (improbables) l'ont rendu encore plus compliqué !

Après ma première expérience en Ultra Cyclisme sur le bikingMan Portugal en septembre 2020, je n'avais qu'une obsession, repartir ! J'ai donc décidé de repousser encore un eu plus mes limites en m'inscrivant sur 3 épreuves du BikingMan pour cette année 2021 (France, Pays-Basque et Brésil)

J'avais préparé ce BikingMan France en duo cette fois-ci, avec mon ami Georges Camprubi. Après un entrainement rigoureux de plusieurs mois (10 000kms et 130 000D+ avant le départ) nous avons établi une stratégie avec quelques ambitions sportives, mais surtout dans l'idée de partager le vélo comme nous aimons le faire, c’est-à-dire avec le maximum de dérision tout en partageant le goût de l'effort et du dépassement de nous-même.

Soyons quand même honnêtes, nous avons toujours ce petit soupçon de compétition qui resurgit... et oui c'est plus fort que nous.

La veille du départ, Georges et moi enfourchons nos vélos Giant Revolt Adanced Pro et Revolt Advanced 0 pour nous rendre sur le lieu du briefing que doit mener Axel Carion (explorateur et fondateur de BikingMan) quand soudainement j'entends un cri derrière moi ! Je me retourne, Georges est au sol. il vient de glisser sur une petite marche en marbre dans les rues de Cannes: son coude est en sale état. Verdict : luxation du coude avec ligaments touchés ! Notre enthousiasme et notre bonheur s'éteignent brutalement ! La nuit fut très longue pour Georges qui a subit deux opérations. Je le récupère tard dans la nuit.

Après de longs échanges il me motive et me convainc de prendre le départ de ce BikingMan France ...en solo. Lundi matin, après une nuit blanche, les yeux gonflés, je suis au départ de cette édition !

La première journée est un calvaire ! Entre le manque de sommeil et le fait de me retrouver seul dans cette aventure alors que nous avions préparé cela à deux, il m'est difficile de trouver la motivation. Après 310kms / 7000 D+ et les émotions de la veille, je lutte pour rester sur le vélo, je suis épuisé. Il est 22h00, je décide de m’arrêter quelques heures pour dormir et essayer de récupérer un peu de sommeil.

5 heures du matin il est temps de repartir ! Kms 420 j'arrive au CP1 mardi en début d’après-midi accueilli par l'organisation et mon Georgio. Je suis content de le voir, il a bonne mine, ça me fait du bien au moral ! Tout cela me remotive. J'arrive sur un des premiers monstres du parcours ; le Mont-Ventoux que je vais attaquer après 500kms... Le copain cycliste, Benoit Bigot, est venu dans le col pour m'encourager. ça m’a également donné une motivation supplémentaire pour venir à bout du Mont-chauve, quel bon moment ! 30 Kms après Malaucène, je m’arrête dans un petit village et j’essaie de dormir quelques heures, mais paradoxalement malgré la fatigue bien présente je n’arrive pas à fermer l’œil.

Mercredi 4h30 du matin, je remonte sur mon vélo Giant Revolt Advanced 0 dans état de fatigue tel que je commence vraiment à douter pour la suite de l’aventure... Mais après plusieurs petits cols vicieux, étrangement je vais mieux!

Je passe au-dessus du magnifique Lac de Serre-Ponçon et franchis le CP2 accueilli par deux légendes du BikingMan; Jacques Barge et Laurent Boursette, que j’ai pu rencontrer et connaitre lors de mon Bikingman au Portugal et avec qui je partage quelques infos sur la suite de ce qui m’attend. Un moment que je vis avec beaucoup de plaisir et de simplicité. J’attaque le col de Vars qui culmine à 2108 m avec une longue montée de 20kms. Une fois en haut je bascule rapidement de l’autre côté car le temps est incertain.

Je termine ma journée vers 20h afin de me reposer quelques heures au pied d’un autre monument qui s’annonce être un gros chantier surtout après plus de 800kms.

Jeudi, 5h du matin, je me dirige donc sur le col de La Bonnette, qui culmine à 2715m d'altitude au milieu du parc national du Mercantour.  Je me retrouve avec 3 autres participants et décidons de « gravir » ce col mythique ensemble : un super moment de partage au cœur d’un paysage sublime qui se réveille timidement.

Nous arrivons en haut du col. Il est 7H30 du matin, nous sommes à quasi 3000m et le froid me saisit. Je décide d’envelopper le haut de mon corps avec la couverture de survie (avec l’aide de mes compagnons rencontrés dans le col) et de mettre mes habits chauds, car la descente va être sacrément fraîche !

Petite photo tels des alpinistes pour immortaliser le sommet de la Bonnette, et il est temps de basculer de l'autre côté avant de trop se refroidir. Pendant la descente, quelques marmottes viennent nous saluer juste le temps de les voir filer...

Nous arrivons dans la dernière partie du parcours qui s’annonce costaud avec le magnifique col de la Couillole (1678m) puis le col du Buis (1198m) qui me rappellent clairement nos cols Basques, courts mais avec de très forts pourcentages (jusqu'à 20%)

Après ces bonnes « patates », encore quelques bosses et nous redescendons enfin sur la côte que nous longeons sur 40kms avec un bon petit vent de face pour enfin passer la ligne d'arrivée accueillis par la fabuleuse équipe du BikingMan au complet !

La satisfaction est là avec le sentiment d'avoir de nouveau accompli un défi, différent de celui qui était prévu au départ mais qui m'a encore énormément appris sur l’univers de l’Ultra Cyclisme et sur moi-même !

Rendez-vous le 6 septembre sur mes terres pour le BikingMan Pays-Basque !

En attendant comme le dirait l’ami Axel prenez votre vélo et évadez-vous !

Récit : @Julien Marty

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